DHA, Bd. 12/1, S.         

  F1HI. De la France. <1857>
     
5 F1HPRÉFACE
DE L'ÉDITION ALLEMANDE.
   
  «Ceux qui savent lire remarqueront bien d'eux-mêmes dans ce livre que les plus
  grands défauts ne m'en peuvent être imputés, et ceux qui ne savent pas lire ne
10 remarqueront rien du tout.» Ce simple syllogisme, dont le vieux F1HScarron a fait
  précéder son Roman comique, je pourrais aussi le mettre en tête de ces pages
  plus sérieuses.
  Je publie ici une série d'articles et de bulletins quotidiens que j'ai écrits pour la
  Gazette universelle d'Augsbourg, selon les exigences du moment, au milieu de
15 circonstances orageuses de toutes sortes, dans un but facile à deviner et sous le
  bon plaisir de restrictions qu'on devinera mieux encore. Je suis obligé de publier
  et de resserrer en forme de livre, et sous mon nom, ces feuilles anonymes et
  légères, afin qu'aucun autre, comme j'en ai été menacé, ne les réunisse à sa guise,
  ne les [mutile] selon son caprice, ou n'y mêle des produits étrangers qu'on
20 m'attribuerait à tort.
  Je profite de cette occasion pour déclarer de la manière la plus positive que,
  depuis deux ans, je n'ai pas fait imprimer une seule ligne dans un journal
  politique allemand autre que la Gazette d'Augsbourg. Celle-ci, qui mérite si bien
  l'autorité si réputée dont elle jouit, et qu'on pourrait nommer la Gazette
25 universelle de l'Europe, m'a paru, en raison de cette autorité et de son immense
  débit, la feuille la plus faite pour des [articles] qui n'avaient en vue que la
  [connaissance] du présent. Si nous arrivons à ce point, F1Hque la grande masse
  comprenne le présent, les peuples ne se laisseront plus exciter à la haine et à la
  guerre par les écrivains serviles de l'aristocratie; la grande confédération des
30 peuples, la sainte-alliance des nations se formera; nous ne serons plus forcés, par
  défiance mutuelle, de nourrir des armées permanentes de meurtriers au nombre
  de quelques centaines de mille; nous utiliserons [au profit de l'agriculture] leurs
  glaives et leurs chevaux, et nous aurons enfin paix, aisance et liberté. Ma vie
  restera consacrée à cette mission: c'est mon emploi à moi. La haine de mes
35 ennemis peut servir de garant que j'ai rempli jusqu'à ce jour cet emploi
  fidèlement et avec honneur. Je me montrerai toujours digne de cette haine. Mes
  ennemis ne prendront pas le change, lors même que mes amis, au milieu du
  tumulte des passions[], en viendraient à tenir pour tiédeur mon calme raisonné.
  Sans doute ceux-ci me méconnaîtront moins aujourd'hui que naguère, alors
40 qu'ils croyaient toucher au but de leurs vœux et que l'espérance de la victoire
  enflait leurs voiles. Je ne pris aucune part à leurs [folles illusions], mais j'en
  prendrai toujours à leur malheur. Je ne rentrerai point dans ma patrie, tant qu'un
  seul de ces nobles fugitifs, qu'un F1Henthousiasme trop sublime a empêchés
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